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La recherche d’information |

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lundi 14 novembre 2005 |
On peut distinguer plusieurs grandes tendances dans la recherche d’information [1] :
de la dépendance à l’autonomie des usagers,
de la maîtrise des stocks à la surabondance des flux,
de la validation a priori à la validation a posteriori,
de la rareté et de la distinction à l’explosion et à l’hybridation des outils et des modes de recherche,
du modèle de l’accès à celui du traitement de l’information,
de la gratuité à la commercialisation de la recherche.
Du côté des usagers : de la dépendance à l’autonomie
C’est sans doute l’évolution la plus significative : depuis les premières recherches des années 60, où l’utilisateur posait sa question au documentaliste qui la transmettait à l’informaticien, jusqu’à l’utilisation actuelle des moteurs de recherche, en passant par l’interrogation des banques de données par le Minitel, les usagers sont passés d’une situation de dépendance totale vis-à-vis des professionnels à une interaction directe avec les outils. Cette autonomisation des utilisateurs est la conséquence directe d’une tendance lourde de l’évolution des outils : la simplification des accès, des interfaces, des procédures. La complexité et l’intelligence technique sont de plus en plus « enfouies » dans la technologie même des outils, et ceux-ci deviennent des « boîtes noires », auto-simplifiantes, utilisables par le grand public (cf le succès de Google). Nous sommes loin d’avoir tiré toutes les leçons de ce phénomène de démocratisation dans l’accès à l’information et de popularisation de pratiques jusqu’alors réservées aux professionnels. Les problèmes de la recherche d’information sont aujourd’hui inséparables des enjeux politiques, culturels, sociaux, liés à l’utilisation des technologies de l’information.
Du côté de l’offre informationnelle
Nous sommes passés de « l’explosion documentaire » des années 60, qui concernait surtout l’information scientifique et technique (essor des banques de données, etc.) à celle du « déluge informationnel » d’Internet. Il s’agit :
d’un changement d’échelle, dans la production documentaire, mesurée désormais en milliards et non plus en millions (sur le Web « visible », i.e. indexé par les moteurs de recherche, et impossible à évaluer précisément, le nombre de pages Web serait entre 10 et 15 milliards ; quant au Web « invisible », il serait estimé à 550 milliards de documents !) ;
d’un changement de support, avec la numérisation généralisée des textes, des sons, des images et de tous types de traces, l’Internet devenant un gigantesque espace « multimédia » ;
d’un changement de système éditorial, le Web étant avant toute chose un vaste système d’auto-publication, permettant à chacun de publier pour le meilleur et pour le pire.
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[1] Ce bref panorama prend origine dans la synthèse intéressante établie par Alexandre Serres en 2004 :
www.urfist.cict.fr/lettres/lettre34/lettre34-31.html
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