Dès le milieu des années 1990, on pouvait estimer que le MPEG-2 était un vaste succès commercial et qu’il offrait la meilleure solution technologique du moment en ce qui concerne la compression. En 1993, au moment des premiers développements de la nouvelle norme MPEG-4, l’idée originelle était sans doute moins de perfectionner les technologies appliquées dans MPEG-2 et de réduire les débits que d’apporter des fonctionnalités innovantes, notamment liées à l’interactivité au travers d’une nouvelle forme de description de l’image vidéo s’appuyant sur la notion d’objet. C’était la particularité phare de MPEG-4, celle qui était mise en avant. Cette nouvelle norme apparaissait alors plus comme un mode de représentation multimédia que comme un standard de codage comme MPEG-1 et MPEG-2.
Au début des années 2000, une inflexion s’est produite. A la suite des recherches menées par différents organismes de normalisation, une nouvelle technologie de compression des données vidéo (H264) était développée. L’objectif était de réduire de moitié les débits utilisés avec MPEG-2. Concrètement, cela devait permettre, non seulement de diffuser de la vidéo sur des supports qui ne le permettait pas jusqu’alors (Internet, ADSL...) mais aussi de multiplier le nombre de programmes diffusés dans un même canal.
Les premières orientations de la norme ont été provisoirement reléguées au second plan et n’ont guère été suivies de réalisations commerciales concrètes. Seules quelques démonstrations matérialisant les recherches effectuées par les sociétés phares (Envivio par exemple) ont été présentées dans les salons spécialisés.
Aujourd’hui c’est cette deuxième piste, la réduction des débits, qui est essentiellement mise en avant. Tous les recherches et tous les développements industriels, toutes les démonstrations vont dans ce sens. H264 sera utilisé dans la télévision numérique terrestre, la haute définition, les nouveaux DVD mais aussi sur ADSL. Il est vrai que les progrès réalisés sont spectaculaires. Nous y reviendrons. Lorsque les savoir-faire seront parfaitement maîtrisés, lorsque la technologie sera telle que l’on pourra réaliser des processeurs plus performants et suffisamment rapides, alors les techniques de codage des objets ressortiront de leurs cartons et les développements reprendront leur cours dans le sens de l’interactivité.
Par rapport à ses devancières MPEG-1 et MPEG-2 dont le champ d’application se limitait pour chacun à un seul domaine, MPEG-4 a introduit une véritable révolution par l’étendue du champ couvert. Ce nouveau standard se plaçait en effet à la convergence de trois mondes : la télévision, l’informatique et les télécommunications.. Au fur et à mesure, la norme a élargi progressivement ses domaines d’activité et constitue désormais un standard très ambitieux et très complexe visant de nombreuses applications : diffusion TV, postproduction, télévision numérique terrestre (TNT), télévision haute définition, DVD, téléphonie, visiophonie, streaming, télésurveillance... mais aussi des applications plus confidentielles comme celles qui reposent par exemple sur les capacités de gestion de personnages virtuels.
MPEG-4 a été conçu initialement pour les bas débits. Aujourd’hui, sa plage d’utilisation s’est étendue et MPEG-4 est utilisable dans une très large gamme de débits : de quelques Kb/s pour les bas débits jusqu’à une centaine de Mb/s et plus pour les développements les plus récents.
|