A l’aube d’une révolution dont on voit les prémices et qui s’annonce imminente (sans doute avant la fin de l’année 2005 pour la France), il n’est sans doute pas inutile de faire le point sur l’état d’avancement de ce vaste chantier. La télévision haute définition (TVHD) numérique est déjà une réalité dans six pays. Aux USA, elle a été introduite dès 1999 pour la diffusion terrestre et par satellite, et l’année suivante pour le câble. Aujourd’hui, 10 % des foyers y possèdent un téléviseur HD. Au Japon, la télévision haute définition a démarrée au début de l’année 2000 avec une diffusion par satellite. Au niveau mondial, on compte une soixantaine de chaînes (payantes pour la plupart) diffusant des programmes en haute définition (dont un tiers exclusivement en HD). Rien qu’aux USA, l’opérateur satellite DirecTV a annoncé lors du dernier CES un déploiement de 26 chaînes HD dès cet été.
La conjoncture est particulièrement favorable aujourd’hui, en premier lieu sur le plan technique, avec une efficacité accrue des technologies de compression permettant de réaliser des images de qualité pour des débits de plus en plus faible, notamment avec les derniers développements autour du MPEG-4, en second lieu au niveau du grand public qui a été sensibilisé à la qualité des images numériques à travers différents médias (le DVD ou la photo numérique par exemple) et qui manifeste maintenant cette même exigence pour les images télévisées.
En matière de télévision, on peut admettre qu’il existe une segmentation en trois grands domaines : la production (secteur professionnel), la diffusion (sous ses multiples formes, secteur également professionnel), et en bout de chaîne la réception et la visualisation par le grand public. Ces trois secteurs sont parvenus aujourd’hui a des degrés divers dans l’implémentation de la haute définition. Il est nécessaire que ces trois domaines se développent simultanément pour que la HD en France deviennent une réalité. Aujourd’hui, seul le premier secteur a atteint un certain degré de maturité.
Les préalables techniques
La définition des images
Le terme de Haute définition fait essentiellement référence aux caractéristiques même de l’image : dans le sens vertical, le nombre de lignes qui la compose ; dans le sens horizontal, le nombre de points ; et dans l’espace temps, la façon dont ces images sont générées et affichées (entrelacé ou progressif). En mode standard, une image vidéo numérique se compose de 576 lignes sur 720 points. L’idée avec la HD était d’augmenter considérablement la définition des images et d’opter simultanément pour un format au rapport 16/9 (contre 4/3 pour la télévision standard). L’audio pourra être multicanaux en 5.1.
Deux grandes familles de normes ont été développées de part le monde, l’une s’appuyant sur un format composé de 1080 lignes sur 1920 pixels par ligne (soit un total de 2 millions de pixels par image, une définition 5 fois plus élevée que le TV standard), la seconde sur une image de 720 lignes et 1280 pixels par ligne (soit un peu plus de 900 000 points). Les USA qui ont introduit la TVHD depuis 1998 utilisent les deux formats. Différents modes d’affichage sont également possibles : en entrelacé (dans ce mode traditionnel de la télévision, une image est composée de deux demi images - les trames -, l’une contenant les lignes impaires, la seconde les lignes paires, et elles sont affichées successivement), ou en progressif, (dans ce mode issu des technologies informatiques, l’image est affichée dans sa totalité en une seule passe). De ce fait, mais aussi compte tenu des caractéristiques propres à chaque pays (notamment en matière de réseaux électriques à 50 ou à 60 Hz), de certaines particularités dues à l’histoire (59,94 Hz américain), de la prise en compte des formats cinéma... il a été prévu de nombreuses déclinaisons dans les normes (voir tableau ci après). Toutes ne sont cependant pas exploitables aujourd’hui : certaines des variantes prévues sont encore difficilement exploitables à cause des débits importants qu’elles engendreraient (format 1080 x 1920 en mode progressif à 50 ou à 60 Hz). A noter également que le format 720 x 1280 n’existe qu’en progressif.

Dans un soucis de simplification, et pour rester dans le domaine de la télévision en Europe, deux formats vont prédominer : le 1080 x 1920 en mode entrelacé à 25 images par seconde que l’on trouvera dans la littérature technique sous l’appellation 1080i ou 1080i25 (i pour interlaced) et le 720 x 1280 en mode progressif à 50 Hz que l’on trouvera sous les termes 720p (p pour progressif) ou 720p50.
Il est toujours difficile de comparer des images numériques. Bien que différents dans leurs caractéristiques, ces deux formats offrent des images de qualité globalement comparables. Le format 720p50 donne une définition verticale supérieure au 1080i25 (qui n’affiche en réalité que 540 lignes à 50 Hz) mais en contre partie offre une définition horizontale plus faible (1280 au lieu de 1920).
Le 1080i demande plus de bande passante. Un format progressif est plus facile à compresser : à débit égal, la compression est moins importante avec le 720p et donc la qualité d’image est meilleure. En progressif, tous les éléments de l’image sont affichés en une seule fois, et il n’existe pas de flicker (ce scintillement interligne désagréable qui apparaît sur les fins détails horizontaux). Le 720p est mieux adapté aux reports films ou pour la captation d’évènements sportifs (ralentis de meilleure qualité). Au niveau de la visualisation, le format progressif convient mieux aussi aux écrans plats.
Les formats d’écran
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