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MXF, un format d’échange pour l’interopérabilité et l’indexation des contenus

Contrat Creative Commons

mardi 20 février 2007

MXF est né de deux constats :

-  L’arrivée du numérique dans le monde de l’audiovisuel a été une véritable révolution, mais elle n’a pas été le facteur d’uniformisation auquel on a pu penser de prime abord. Aujourd’hui, la diversité des équipements et des formats, la multiplicité des différents processus de traitement du produit audiovisuel tout au long de la chaîne de production, de diffusion puis d’archivage, l’emploi généralisé des serveurs et des réseaux informatiques... ou plus généralement le phénomène de dématérialisation qui caractérise cette évolution ont fait surgir plus nettement encore le besoin de formats communs qui faciliteraient les échanges de documents audiovisuels.

-  L’indexation des contenus audiovisuels est une histoire aussi vieille que le monde... de l’audiovisuel. L’étiquetage des boîtes des bandes magnétiques ou des cassettes, la rédaction de fiches cartonnées reprenant les informations les plus pertinentes sur les contenus étaient déjà une forme d’indexation. Mais elle prend aujourd’hui une importance particulière. Des millions de documents vidéo ou sonores sont produits chaque année de par le monde. La dématérialisation des supports, la multiplication des vecteurs de diffusion, la réutilisation totale ou partielle des documents réalisés, les nécessités d’un archivage précis... militent pour le développement d’outils spécialisés qui faciliteraient la gestion des informations sur les contenus.

Face à ces deux constatations, l’idée pour les professionnels fut d’intégrer l’ensemble des composants du média audiovisuel (l’audio, la vidéo mais aussi toutes ces données informatives) dans un unique format de fichier standardisé ce qui permettrait le partage, l’échange et l’archivage des médias, faciliterait la recherche d’information par une description des contenus, assurerait la gestion des droits... et qui serait agnostique vis à vis du mode de compression, du débit ou du format de l’audio et de la vidéo.

Deux produits sont nés de ces considérations.

En premier lieu, le format AAF (Advanced Authoring Format), format très (trop ?) ambitieux qui a été conçu pour les échanges en post-production. Il est toujours en cours de développement et non encore normalisé. Nous ne l’évoquerons pas ici.

Faisant l’objet de travaux plus récents, MXF (Material eXchange file Format), format plus simple destiné à la manipulation de produits finis ou complets, qui n’offre que des possibilités de montage limité aux « cuts » mais dont le champ d’application est beaucoup plus large puisque visant l’ensemble de la chaîne de production et de diffusion. Il a donné naissance à des normes SMPTE.

Les deux produits comportent de nombreux aspects communs. Ils sont complémentaires et devraient pouvoir être, à terme, interopérables.

MXF a été promu par trois entités : le Pro-MPEG Forum, l’UER (Union Européenne de Radiodiffusion) et l’association AAF. Les premiers travaux ont été présentés par le Pro-MPEG Forum lors d’une réunion technique en juillet 1999. MXF est un ensemble de normes. Les premières normalisations par le SMPTE (Society of Motion Picture and Television Engineers) ont eu lieu en 2003 mais tous les documents ne sont pas standardisés aujourd’hui. C’est un travail récurrent de normalisation et de révision.

En parallèle aux composantes principales du programme (les images vidéo, les canaux audios et des données) vont donc être générées des données particulières destinées à réaliser cette mission de renseignement. Un nouveau vocable pour désigner ces informations supplémentaires est né : on les appelle métadonnées. Les métadonnées sont donc des données sur les données « utiles » (l’audio,la vidéo et les données), ces dernières étant désormais désignées sous le terme d’essence (la vidéo est une essence, l’audio est une autre essence...). Il ne faut pas confondre données et métadonnées : les premières sont des éléments constitutifs du produit audiovisuel au même titre que l’audio et la vidéo (par exemple des sous-titres), les secondes sont des informations sur le média audiovisuel.

MXF se distingue par son format de fichier et son mode d’encapsulation particulier des données, par sa gestion spécifique des médias audiovisuels qui repose sur une distinction entre niveau physique (le stockage des contenus) et niveau logique (les instructions de lecture ou d’exploitation), et par l’intégration des métadonnées dans l’enveloppe même du fichier qui, de ce fait, ne seront jamais dissociées des essences correspondantes.

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